Les fiacres de Paris, les cabs de Londres, les gondoles de Venise
Posted by lulo on novembre 11th, 2010
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Posted by lulo on novembre 11th, 2010
Posted by lulo on septembre 17th, 2010
Mon petit bonhomme commence à parler. Ce n’est pas nouveau, il comprend déjà beaucoup de choses de ce que je lui dis, je m’en rends compte peu à peu. Et je ne pense pas m’apercevoir de tout ce qu’il comprend, ni de comment il comprend tout ce qu’il entend. Mais depuis quelques jours les mots dans sa bouches se multiplient, ou plutôt des semblants de mots. Je vais tenter de noter au fur et à mesure les observations que je fais de cet apprentissage. (Notons au passage que je ne sais pas grand-chose de l’acquisition des langues maternelles)
Je dois d’abord exposer rapidement son environnement linguistique. Il entend principalement du français et on lui parle la plupart du temps dans cette même langue. J’essaie quand à moi de le baigner dans deux langues : le français et l’espagnol. J’avais d’abord divisé les langues selon les espaces : lui parler en espagnol à la maison et en français en dehors. Premier échec, je n’ai pas su m’y tenir ! Deuxième idée : lui parler en espagnol quand on est tous les deux, et en français quand on est avec d’autres personnes. Badaboum. Troisième tentative : lui raconter les histoires du soir en espagnol. Beaucoup plus compliqué que cela ne paraît. Finalement ce ne sont que des idées qui m’ont traversé l’esprit puisque je n’en ai mis aucune en pratique. L’objectif était d’associer une situation et système linguistique pour faciliter la différenciation entre les deux langues. C’était basé sur l’exemple des enfants avec un père et une mère qui chacun lui parle une langue différente et qui peuvent ainsi associer la langue à la personne.
Finalement, je ne me suis pliée à aucune règle, j’ai fait ca de façon spontanée, ce qui fait qu’on en est arrivé là : je lui parle le plus souvent en français, mais régulièrement (tous les jours) je passe par les deux langues (je lui répète la même chose en français et en espagnol, mais je ne commence pas toujours pas la même langue), et je lui parle de temps en temps en espagnol uniquement, mais cela se limite à quelques phrases ou quelques mots. Précisons aussi que ma langue maternelle est le français, que je parle l’espagnol relativement bien. Je commets parfois des erreurs d’accentuation, qui souvent m’écorche les oreilles et que j’essaie d’éviter. Il y a quelques phonèmes qui, je crois, me pose problème. Je ne différencie pas par exemple le r et le rr (à la prononciation comme à la compréhension). Et je manque parfois de vocabulaire pour m’exprimer avec mon fils. J’ai beaucoup parlé dans le milieu professionnel et dans des conversations entre amis mais je ne me suis jamais occupé d’enfants ni en Colombie, ni en Espagne. Il semblera normal que je n’ai jamais demandé à mes collègues « tu veux faire caca ? Tu veux aller sur le pot ? » Il y a du matériel qu’on utilise qu’avec les bébés et un langage qui ne s’adresse qu’aux enfants. Ajoutons que je ne suis pas une grande oratrice (bien que je n’aie jamais eu de mal à m’exprimer pour donner des cours, mais je jouais un rôle, j’étais une autre personne… ca n’a rien à voir, je m´’égare), je n’ai jamais su faire la conversation, et je panique souvent à l’idée de prendre la parole. Je bafouille, je mélange les mots, j’en invente… enfin bref autant dire qu’entre mon espagnol parfois hésitant, et mes difficultés à m’exprimer en français, il n’a vraiment pas de chances le pauvre gosse !
Heureusement, il n’a pas que moi… mais je continuerai un prochaine fois.
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Posted by lulo on septembre 16th, 2010

Cordoue, il y a maintenant huit ans,
Feria
Fiesta Medieval
Festival de los patios cordobeses
Paseo por la ciudad
Concierto Manu Chao
Posted by lulo on septembre 16th, 2010

Paresse, tu m’as attrapée, et je ne parviens pas à couper les mailles du filet.
Posted by lulo on septembre 8th, 2010
Pour mieux la connaître: http://ecole-damgan.perso.libertysurf.fr/ddivers/latour.html


Ce que j’aime chez elle, ou chez lui puisqu’il s’agit vraisemblablement d’un ancien phare, c’est sa discrétion. Jolie sans être imposante, elle semble sereinement posée là entre terre et mer sans vouloir trop s’imposer à la vue du promeneur et du même coup gâcher la contemplation des paysages et le calme du lieu. Le mysthère dû à une histoire incertaine et à l’absence d’artifices touristiques (panneaux d’explication, organisation de visites, etc) ne fait que renforcer ma sympathie à son égard.
C’est peut-être l’impression que me donneraient tous les phares. Je n’ai pas eu souvent l’occasion d’en voir, à vrai dire, c’est le seul dont je me souvienne.
Posted by lulo on septembre 6th, 2010

Avis aux touristes qu’on a vus très occupés à grater les falaises armés de quelques outils improvisés: un decret des 1995 pour la protection du site enterdit (entre autre) d’y recolter des fossiles, qui plus est en gratouillant dans la roche.
Posted by lulo on août 31st, 2010
À quand un État français qui reconnaisse la réalité multiculturelle de notre pays ? Comment effacer les préjugés du plus grand nombre si l’État lui-même ne respecte pas les minorités et accentue les injustices à leur égard ?
Will Kymlicka, Les droits des minorités et le multiculturalisme: l’évolution du débat anglo-américain
Résumé
Au cours des décennies 70 et 80, la réflexion sur les droits des minorités était associée au débat entre libéraux et communautariens. Les premiers considèrent que la communauté est au service d’individus libres et autonomes qui sont en mesure de la transformer ou de ne pas l’accepter. Les seconds pensent au contraire que l’individu dépend de la vie communautaire et que celle-ci lui dicte sa façon d’agir. La communauté n’est selon eux pas le fruit de la seule combinaison des intérêts isolés de ses membres, favoriser une trop grande liberté des individus conduit donc à sa destruction. À cette époque, les partisans de droits des minorités se rangeaient du côté du discours communautarien, prônant la survie de traditions communautaires menacée par la liberté individuelle. Au contraire d’autres s’opposaient à l’établissement de ces nouveaux droits dans la crainte qu’ils constituent un obstacle à l’autonomie de l’individu.
Cette association systématique entre communautarisme et droits des minorités est remise en cause parce que les groupes culturels minoritaires peuvent se présenter sous des formes très hétérogènes et ne répondent pas forcément aux idées communautariennes. Dans les démocraties libérales, pour la plupart, ils ne s’excluent pas de la modernité, adhèrent aux principes du libéralisme et veulent participer aux processus démocratiques. Cette tendance des philosophes à créer un parallèle entre revendications communautaires et rejet de la démocratie libérale est donc une démarche erronée, elle se fonde sur une représentation faussée des intérêts des groupes minoritaires. Si des valeurs libérales et démocratiques sont partagées par tous ou par le plus grand nombre, des problèmes se posent malgré tout au moment de les interpréter et de les appliquer.
La question se pose de savoir pourquoi les libertés assurées par les démocraties ne suffisent pas aux groupes minoritaires et quels intérêts ils ont de réclamer des droits supplémentaires. Pour répondre à cette interrogation, l’argumentation de bon nombre de théoriciens vont dans les même sens (Raz, Miller, Tamir, Spinner et Kymlicka). La possibilité d’exercer des pratiques culturelles et le respect des différents groupes les uns envers les autres sont des conditions indispensables à l’exercice de la liberté et de l’égalité. […] Cette idée conduit à une nouvelle question : quels sont les droits communautaires qui favoriseraient le plein exercice de la liberté individuelle ? Certains, applicables au sein du groupe, sans rapport avec l’extérieur et qui visent à protéger la communauté, peuvent constituer un obstacle à la liberté individuelle des membres. Mais une autre catégorie de droits qui permet aux communautés de se défendre de décisions et pratiques imposées par la culture hégémonique ne remettent pas en cause l’autonomie de l’individu.
Cependant, on peut considérer que l’exercice des pratiques culturelles est une condition au bon exercice de l’autonomie sans pour autant voir la nécessité d’instaurer des droits propres à certaines communautés. Si les démocraties libérales s’étaient formées sur des États culturellement neutres, les droits des minorités pourraient en effet s’apparenter à des privilèges accordés à certains groupes. Mais la neutralité de ces États n’existe pas : dans l’éducation, les institutions publiques et privées et les choix linguistiques, ils se construisent sur une culture sociétale. Cette dernière, bien que réunissant des membres très hétérogènes, suppose malgré tout le partage d’éléments culturels communs. Les nations mêmes se sont construites sur ce sentiment d’appartenance à la culture sociétale et tente de le favoriser, ceci dans le but d’établir l’égalité et la solidarité entre les membres et de permettre le fonctionnement de la démocratie grâce à une langue commune. Ces spécificités culturelles imposées par les États entrainent des injustices envers d’autres groupes culturels : les droits minoritaires ont pour objectif d’y remédier et ne peuvent donc être considérés comme des privilèges.
Ces droits doivent être bien étudiés dans le but de servir effectivement l’égalité entre les groupes culturels et ne pas favoriser la domination d’un groupe sur un autre. D’autre part, les conséquences des choix culturels des États ne sont pas les mêmes sur toutes les minorités, il semble donc impératifs d’étudier leurs droits de façon isolée et non générale à l’ensemble des minorités.
[…]
Wieviorka, dans l’article paru dans la même revue, émet une critique à Kymlicka et à tous les défenseurs du multiculturalisme. Il affirme que Kymlicka ne dépasse pas complètement les polémiques entre libéraux et communautariens dans le sens où ses idées sont beaucoup plus proches des premiers que des seconds. Pour Kymlicka, la liberté de l’individu passe avant toute chose, le respect des cultures n’est en fait qu’une nécessité pour que cette valeur soit respectée. Finalement Wieviorka critique chez Kymlicka, et chez l’ensemble de défenseurs du multiculturalisme quelles que soient leurs raisons, de favoriser une vision statique de la culture.
Michel WIEVORKA, Différences dans la différence
Partant du fait que les cultures sont en contact permanent (pas seulement entre groupes distincts mais également au sein d’un même individu), Wieviorka refuse d’appréhender les cultures de façon isolée. Il faut partir selon lui de l’identité culturelle, c’est-à-dire d’une appréhension plus subjective de la culture. Il base sa réflexion sur le métissage, prenant comme sujets d’études les personnes revendiquant des appartenances culturelles diverses. Il existe selon lui deux phénomènes sociaux : des groupes qui se reconnaissent une identité culturelle collective et revendiquent leur place en tant que groupe culturel distinct, et à la frontière entre les groupes, des individus métissés « qui ne cherchent pas à s’installer politiquement dans l’espace public ».
Le paradoxe du multiculturalisme selon Wieviorka est qu’il se dit progressite mais favorise la permanence de cultures et d’identités culturelles stables et homogènes. D’autre part, le multiculturalisme ne cherche des solutions à la diversité culturelle des populations que sur les plans politiques et juridiques. Or selon l’auteur, on ne peut apporter des réponses politico-juridiques que si l’on a conscience des processus de transformations des cultures, transformations qui passent par la subjectivation de la culture ou des cultures par les individus, notamment ceux qu’il nomme métisses. C’est par eux que s’exerce une influence réciproque (expression utilisée pour remplacer le terme d’acculturation, pas toujours bien compris) entre cultures. Contrairement à ce que pense Kymlicka, le multiculturalisme selon Wieviorka, en figeant les cultures, obligerait les individus à s’identifier à des groupes aux critères prédéterminés, les empêchant de s’en dégager, et serait par conséquent un obstacle aux libertés individuelles. En abordant la question des inégalités sociales, l’auteur souligne également une autre critique souvent faite au multiculturalisme. Cette politique pourrait favoriser les classes sociales les moins démunies pouvant combiner les apports du libéralisme dominant et les droits des particularismes culturels.
Une autre possibilité envisagée par l’auteur est la reconnaissance du métissage (et donc de la différence) par les Etats, sans implications politiques et juridiques. Cette dernière peut avoir deux conséquences au niveau social. Elle pourrait en effet apporter une solution aux problèmes du multiculturalisme : l’individu n’est pas contraint de s’enfermer dans un groupe culturel et dans une hiérarchie sociale des différentes cultures. Cependant, Wierviorka fait remarquer que sans actions politiques et juridiques, il est impossible de lutter contre les dominations sociales de certains groupes culturels. L’auteur insiste finalement sur l’obligation de ne pas considérer les deux phénomènes séparément. Si l’on a bien des revendications politiques de groupes culturels d’une part et d’autre part un métissage qui favorise la transformation permanente, ces deux réalités sociales sont liées. Les individus s’identifient à des groupes culturels, ont conscience de l’histoire de ces cultures d’appartenance, mais en permettent les transformations. Ce n’est, selon Wieviorka, qu’en prenant conscience de ces processus, que les chercheurs pourront faire avancer les débats philosophiques et politiques à ce sujet.
Posted by lulo on août 31st, 2010
Medellin impressionne, je ne parle pas ici de la réputation qu’elle tire d’un passage violent de son histoire, mais de la ville des années 2000, de ses dimensions, de cette cohue de cris, de musiques, du bruit des moteurs, de mouvements incessants, désordonnés à premier abord, mais qui répondent pourtant à une logique, un mode de fonctionnement que l’on apprend à maîtriser peu à peu. Je m’y sens parfois mal à l’aise, quelque chose me gêne et j’ai souvent du mal à la trouver belle; malgré tout elle me plaît, elle m’attire. Mon goût ne se fonde pas sur des critères esthétiques statiques comme ceux qui permettent d’apprécier certaines architectures par exemple, c’est une vie en couleur qui grouille en permanence, une vie envoûtante et fatigante. Medellin est belle, mais j’y dépense toute mon énergie, j’éprouve à un moment donné le besoin de la quitter, de m’accorder une période de repos, pour mieux la retrouver et l’apprécier à nouveau.
Lévi-Strauss m’a aidé à comprendre le ressenti que j’ai face aux grands agglomérations colombiennes. Je n’en citerai qu’un passage :
« Dans les villes du Nouveau Monde, que ce soit New York, Chicago ou São Paulo qu’on lui a souvent comparée, ce n’est pas le manque de vestiges qui me frappe : cette absence est un élément de leur signification. A l’inverse de ces touristes européens qui boudent parce qu’ils ne peuvent ajouter à leur tableau de chasse une autre cathédrale du XIIIe, je me réjouis de m’adapter à un système sans dimension temporelle, pour interpréter une forme différente de civilisation. Mais c’est dans l’erreur opposée que je tombe : puisque ces villes sont neuves et tirent de cette nouveauté leur être et leur justification, je leur pardonne mal de ne pas le rester. Pour les villes européennes, le passage des siècles constitue une promotion ; pour les américaines, celui des années est une déchéance. Car elles ne sont pas seulement fraîchement construites : elles sont construites pour se renouveler à la même rapidité qu’elles furent bâties, c’est-à-dire mal. Au moment où les nouveaux quartiers se dressent, ce sont à peine des éléments urbains : ils sont trop brillants, trop neufs, trop joyeux pour cela. Plutôt on croirait une foire, une exposition internationale édifiée pour quelques mois. Après ce délai, la fête se termine et ces grands bibelots dépérissent : les façades s’écaillent, la pluie et la suie y tracent des sillons, le style se démode, l’ordonnance primitive disparaît sous les démolitions qu’exige, à côté, une nouvelle impatience. Ce ne sont pas des villes neuves contrastant avec des villes anciennes ; mais des villes à cycle d’évolution très court, comparées à des villes à cycle lent. Certaines cités d’Europe s’endorment doucement dans le mort ; celles du Nouveau Monde vivent fiévreusement dans une maladie chronique ; perpétuellement jeunes, elles ne sont pourtant jamais saines. » (Lévi-Strauss, Tristes Tropiques)
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